Iluvendan, prologue

Quatrième de couv’

Iluvendan. Une cité où la magie et la technologie se côtoient et s’entremêlent.
Le Iolthän, étrange cristal noir, source d’énergie mystérieuse, assure la prospérité de la cité, fait voler ses aéronefs, offre le confort à ses habitants.
Trois adolescents, les jumeaux Feäsil et Klaod et la séduisante Imenel, vont enfin pouvoir découvrir cette cité, car c’est là qu’ils mèneront leurs études. Les heures de cours, les rencontres avec les enseignants, les doutes personnels, cela aurait déjà de quoi largement remplir les journées : mais voilà qu’ils découvrent des rumeurs parlant d’une pénurie de Iolthän, d’une guerre imminente face au pays voisin ! Et comment résister à l’appel de l’aventure lorsqu’on est jeune ? Les trois héros vont décider d’enquêter. Manipulés par certains, aidés par d’autres, ils devront faire face à des forces qui les dépassent, mais feront tout pour faire éclater la vérité !

Pourquoi nous avons choisi de publier Iluvendan ?

  • C’est de la fantasy classique et follement efficace qui ne néglige pas de plaisantes pointes d’originalité.
  • C’est une écriture à quatre mains, et il faut reconnaître que c’est quand même sympa.
  • On a une très sympathique pointe de steampunk qui accompagne le récit.
  • C’est en deux volumes, une aventure qui ne se perdra pas en circonvolutions variées.
  • C’est vif, plein d’esprit, les personnages sont hauts en couleur et les scènes de bataille épiques.

Un extrait. Enfin, le prologue, quoi.

Idées noires, pensées stériles. Vulien Telkar, assis au comptoir du Noble chêne, ruminait. La nuit venait de tomber sur Iluvendan et le Maître Graveur ne discutait déjà plus avec les confrères présents dans la taverne. Non, il tenait négligemment son verre et jouait à faire rouler un bouchon de liège entre les chopes de bière qu’il avait vite abandonnées. Il n’aimait pas boire en même temps que tout le monde.

Demain ce serait Niela, la grande réjouissance, la fête, la liesse annuelle pour tout le peuple de la capitale mais lui ne boirait pas, il n’associait plus cette date à la joie depuis longtemps. Depuis qu’il avait retrouvé son frère Léon, seul, avachi au milieu des détritus jonchant le pavé d’une ruelle du quartier druidique. Depuis qu’il l’avait entendu prononcer ces derniers mots horribles : « Tu sais… Se détruire est le propre de l’homme, et en cela au moins, j’ai une certaine humanité. » Depuis que son frère avait été tué par le Iolthän et ses abus. Le Telkar d’autrefois était mort ce soir-là.

Il s’y retrouvait sans cesse mais il n’aimait pas se confronter à son passé. Il avait toujours voulu rester fort. Aller de l’avant. Aimer à nouveau. Il avait fini ses études, était passé maître de son ordre, avait gravi les échelons, s’était tué au travail et passionné pour les sciences de sa magie. Pendant plusieurs années, il avait cru que le temps effacerait les blessures, il avait rencontré Luwia Sily, son apprentie, ils avaient énormément appris tous les deux, puis elle s’était mariée et avait disparu. Il n’en avait plus entendu parler jusqu’à ce jour, cinq ans après leur dernière entrevue.

— Vulien, je viens de recevoir un Tilus pour toi, dit l’aubergiste en tendant la petite lettre au Graveur. D’un certain Thaïron et de sa femme Luwia Thyan’s.

Les yeux du graveur à moitié clos par l’ennui et la fatigue s’écarquillèrent. Il arracha l’enveloppe des mains du tavernier et la décacheta frénétiquement.

Cinq mots, un message très concis, mais qui l’effrayait. Il retrouva Thaïron Thyan’s sur Ifaelë, la place principale de la capitale, une heure plus tard, une éternité. À la vue du jeune homme seul, et dont le visage était glacé de toute émotion, rincé par les larmes, aussi livide qu’un linge usé, Telkar ne douta plus. La mort était une nouvelle fois venu le torturer à cette date maudite.

— Luwia est morte…, prononça Thaïron d’une voix tremblante.

Ses lèvres exsangues se pincèrent et il attendit la réaction du Maître Graveur.

Telkar ne chercha pas à cacher ses larmes qui coulèrent alors sur ses joues. Il serra le poing avec une telle force que sa furie fit tressaillir tous ses muscles. Sa haine contre l’injustice l’étouffait. Il ne pouvait se résigner encore, il ne pouvait plus admettre cette odieuse fatalité. Les seules personnes qu’il avait aimées s’étaient fait happer par le sort. Le graveur comprit aussitôt pourquoi ce mari abattu était venu le voir. Thaïron venait le supplier de commettre un crime qu’il ne pourrait plus refuser.

— Je ne peux pas vivre sans elle, gémit-il. Je ne pourrais jamais me retrouver face à son fantôme en élevant nos fils…

Le graveur sentit ses jambes s’affaiblir sous le coup de cette dernière nouvelle, il tomba assis par terre, le visage entre ses mains.

— Elle est morte en les mettant au monde, expliqua Thaïron en se penchant sur Telkar. Aidez-moi, je vous en conjure… Bravez l’interdit. Sauvez Luwia…

Le Maître Graveur se releva, sortit son Ystil et une plaque de Iolthän de sa sacoche. Il allait commettre une faute irréparable, briser la loi du temps, mais il préférait encore cela à une vie de lamentation.

— Ce n’est pas par pitié pour toi que je le fais, dit Telkar d’un ton grave. Je vais remonter le cours du temps peu avant sa mort pour modifier le moins possible les événements, je me rendrai au Ruos au plus vite pour assister à l’accouchement. Tu ne sauras pas les circonstances de ma venue, mais je tenterai de la justifier du mieux que je le pourrai. C’est une épreuve périlleuse et le succès n’en est pas garanti mais je me dois de l’accomplir pour tes fils et pour Luwia.

Le visage de Thaïron se fit sévère, il comprenait ce que voulait dire l’ancien maître de sa femme. Il avait toujours su que le Graveur vouait un amour secret mais puissant à Luwia. Il ne dit rien et fit seulement un pas en arrière.

Telkar ferma les yeux et appliqua la lame de son outil magique sur la tablette de cristal noir.

— Pulhiere Onluz Thylaz Kolny, prononça le sorcier en gravant le Iolthän de profondes runes.

Les Silas s’extirpèrent une à une de la sombre feuille et vinrent se marier dans les airs, illuminant  la nuit d’étincelles et engloutissant le graveur dans la fumée.

Idées noires, pensées stériles. Vulien Telkar, assis au comptoir du Noble chêne, ruminait. La nuit venait de tomber sur Iluvendan et le Maître Graveur ne discutait déjà plus avec les confrères présents dans la taverne. Non, il tenait négligemment son verre et jouait à faire rouler un bouchon de liège entre les chopes de bière qu’il avait vite abandonnées. La fatigue l’exténuait, tous ses voyages l’avaient épuisé. Dans quelques instants, l’aubergiste viendrait lui apporter la lettre de Thaïron, mais, cette fois-ci, il savait qu’il devrait refuser.




Publicités

2 Responses to Iluvendan, prologue

  1. Lia dit :

    Iluvendan me semble très prometteur! Une agréable lecture en perspective 🙂

  2. de.w dit :

    Ce livre a vraiment l’air intéressant! En tout, j’ai très envie de le lire!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :